Les « Tués de Bohéries »


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Demeester Roland Cyrille.

Né le 26 avril 1926 à Annay-sous-Lens. F T P.
Blessé au combat et brûlé vif le 14 juin 1944 vers 6 heures. dans la Maison Mulet à Bohéries.

Nom cité sur les monuments d’Annay-sous-Lens (Pas-de-Calais), de Bohéries et la plaque dans les églises de Vadencourt et d’Annay-sous-Lens.

Présent dans Mémoire des Hommes.

Dans les actes de l'état-civil, Gaston Quentin Laurent, Président de la Délégation Spéciale de Vadencourt, déclare que "le 14 juin 1944, 6 heures, un individu du sexe masculin, dont l'identité n'a pu être établie, est décédé au lieu-dit Bohéries, dans la maison Mulet-Romby. L'état du corps n'a pas permis de donner aucun signalement." En mentions marginales, par décision du Tribunal civil de 1ère instance de Vervins, en date du 31 juillet 1945, est précisée l'identité : "Demeester Roland Cyrille, né le 26 avril 1926 à Annay sous Lens, fils de Demeester Maurice Marcel et de Thélie Paule."

Déclaré M P F le 6  septembre 1945.

"Souvenir des héros de Vadancourt … Demester Roland" (plaque murale dans l'église de Vadencourt, cité 7/7) (sic pour l'orthographe des noms propres).

Vers 7 heures, alertés par l'arrêt des coups de feu à Bohéries et voulant sauver les rescapés éventuels que leur ont signalés les F T P après l'engagement du Bosquet Cardot, les pompiers de Vadencourt prennent la pompe à incendie et se dirigent vers Bohéries dans le but officiel d'éteindre le feu de la maison Mulet : ils en sont empêchés par les Allemands qui leur déclarent être à l'origine de l'incendie.

Les actes d'état-civil écrivent "Demeester".

Le 2e accrochage se termine par 3 tués, Marcel Cavroy, Henri Legroux et le "Commandant Jean", auxquels il faut ajouter les 2 brûlés vifs, Roland Demeester et Charles Roche.

Source : Monsieur Caudron

Durocher Roger Jules

Né le 24 mai 1921 à Harnes (Pas-de-Calais) où il est domicilié. Sergent-chef F T P.

Fusillé par les Allemands vers 18h30 au château du Fay à Guise.

Nom cité sur les monuments du château du Fay à Guise, de Bohéries et de l’église de Vadencourt.

Inhumé dans le cimetière de Harnes le 1er octobre 1944 après un Service Religieux.

Mémoire des Hommes le dit décédé "des suites de blessures". Déclaré mort pour la France  le 20 avril 1950. Fils de Jules Ernest Francis Durocher et de Domitilde Delattre, marié à Yvonne Pauline Marie Bigotte qui assiste à l'exhumation du 29 septembre 1944 et le reconnaît.

A 7 heures et demie, il prend le train à la gare de Vadencourt, située entre Vadencourt et Grand-Verly et appartenant à la ligne Le Câtelet-Guise. Son arrestation est faite par le chef allemand du Magasin de fourrage, se trouvant dans le jardin de son bureau au moment où les voyageurs, descendus du train, gagnent la rue André Godin : Durocher a alors parcouru une cinquantaine de mètres.

" Le 14 juin 1944 vers 10 heures 30, un Allemand a conduit à l’hôpital de Guise un jeune homme blessé au bras. La blessure était grave. Il a été pansé après avoir été anesthésié. Entre une heure et deux heures de l’après-midi, je l’ai interrogé. Il m’a dit se nommer Durocher Roger, faire partie de la résistance et avoir été blessé dans un combat. Je lui ai demandé les circonstances de son arrestation. Il m’a dit ceci : « J’ai pris le train dans un pays voisin où nous nous étions battus. Une jeune fille (Monique Dubois) m’a accompagné et se tenait à mon côté de façon qu’on ne puisse remarquer aisément ma blessure. Après la descente du train à Guise, j’ai remarqué un homme qui me dévisageait. J’ai continué ma route tranquillement et cet homme m'a rattrapé, m’a poliment demandé du feu. Je lui ai répondu qu’il m’était impossible de le satisfaire en raison de ma blessure. Ce civil m’a remis lui-même entre les mains d’un allemand. Celui-là même, qui m’a conduit ici. La jeune fille m’a quitté précipitamment avant mon arrestation. … Durocher a été interrogé l’après-midi du 14 juin par des membres de la Gestapo. J’étais présente à l’interrogatoire. Il n’a, en ma présence, dévoilé quoi que ce soit à ces Allemands. Ils l’ont emmené ensuite pour le fusiller." (Témoignage d'Hélène Miternique, aide-infirmière à l'hôpital de Guise en date du 17 octobre 1944). Avant 4 heures de l'après-midi, il est amené en camionnette au château du Fay, il est interrogé debout, un bras levé; finalement il est autorisé à s'asseoir sur un tas de cailloux, en plein soleil. Il y reste jusqu'après 6 heures, heure à laquelle il est emmené auprès des 4 F T P qui viennent de creuser le trou dans lequel les rafales de mitraillettes vont les précipiter, non sans avoir crié auparavant "vive la France". Les 5 derniers F T P  fusillés s'ajoutent aux 12 autres tués au combat ou décédés de suites de blessures ainsi qu'aux 10 civils abattus ou fusillés en ce 14 juin 1944. A partir de 9 heures du soir, dans les fossés de la citadelle d'Arras, 31 F T P sont fusillés, après avoir écrit leurs lettres d'adieux à leurs familles respectives dans des termes qui rejoignent le dernier cri des F T P. au château du Fay.


Lors de l'exhumation du 31 juillet 1944, les gendarmes de Guise le décrivent ainsi :"un corps aux cheveux châtains foncés (portant) un pantalon bleu avec des pièces kaki, un tricot vert, un tricot gris rayé, un veston foncé, des chaussettes en laine bleue, un cache col en laine bleue, des chaussures montantes en cuir noir à semelles cloutées et un pansement à l'avant-bras droit", dernier détail qui permet d'identifier Durocher. En mentions marginales, il est écrit "Durocher" et renvoyé à un acte du 18 décembre 1947, contenant la transcription du jugement du Tribunal d'Instance de Vervins, en date du 13 novembre 1947. "Souvenir des héros de Vadancourt …  Durocher Roger" (plaque murale dans l'église de Vadencourt, cité 4/7) (sic pour l'orthographe des noms propres).

Inhumé dans le cimetière de Guise, exhumé  le 29 septembre 1944 pour une inhumation définitive à Harnes.

Source : Monsieur Caudron

Cavroy Marcel, alias Max.

Né le 11 avril 1921 à Charenton du Cher (Cher). Domicilié à Harnes (Pas-de-Calais), 16 rue Albert Demarquette. Capitaine F T P.

Tué au combat le 14 juin 1944 vers 6 heures à Bohéries. Inhumé à Harnes le 1er octobre 1944 après un service religieux. Nom cité sur les monuments de Harnes, Bohéries et église de Vadencourt. Rue à son nom à Harnes.

Présent dans Mémoire des Hommes. Il se marie le 29 mars 1941, son épouse étant née en Pologne et habitant Pont à Vendin.

Il commande la 2e Compagnie F T P à partir d'août 1943. Ayant réuni sa compagnie dans le bois d'Havrincourt (Pas-de-Calais), il la dirige jusque Vadencourt : sorti le premier de la grange et sur la route, il est fauché par le tir de la mitrailleuse, située sensiblement devant l'actuel monument de Harnes et enrayée après la première rafale. Son corps restera exposé devant les hommes de Vadencourt, rassemblés, par les S S, de 8 heures du matin à midi en léger contre-bas de la grand route : les témoins sont unanimes pour un seul corps exposé : Carpentier se souvient de la place dans l'alignement des jeunes, le premier en face de la borne-fontaine et à côté d'un F T P gisant mort le ventre ouvert par la rafale qui l'a tué. Vers 7 heures, alertés par l'arrêt des coups de feu à Bohéries et voulant sauver les rescapés éventuels que leur ont signalés les F T P après l'engagement du Bosquet Cardot, les pompiers de Vadencourt prennent la pompe à incendie et se dirigent vers Bohéries dans le but officiel d'éteindre le feu de la maison Mulet : ils en sont empêchés par les Allemands qui leur déclarent être à l'origine de l'incendie. Avec Demeester, Roche et le "Commandant Jean", le 2e épisode se solde par 4 morts. L'acte de décès de Vadencourt, daté du 14 juin à 12 heures, est rédigé ainsi : "Le 14 juin 1944, 6 heures, un individu du sexe masculin dont l'identité n'a pu être établie est décédé au lieu dit le Paradis. Le signalement est le suivant : âge approximatif : 35 ans - taille : 1 mètre 80 centimètres - nez légèrement tordu - cicatrice au menton côté gauche - bague à l'annulaire droit - bague avec œillet à l'auriculaire droit - alliance à l'annulaire gauche - vêtements : un pantalon noir et un pantalon marron - une salopette marron clair - veston noir - chemise gris clair - maillot laine jaune bordé de rouge - chaussettes grises de laine et coton - gros souliers montants." L'acte est complété par une décision du Tribunal de 1ère instance de Béthune : "Cavroy Marcel, né le 11 avril 1921 à Charenton sur Cher, fils de Benjamin François Joseph et de Dilly Marie Marguerite Jeannette, époux de Dilly Gadwige Kootrycwa, domicilié à Harnes 16 rue Albert Demarquette". Déclaré M P F le 16 novembre 1945. "Souvenir des héros de Vadancourt … Gavrois Marcel" (plaque murale dans l'église de Vadencourt, cité 4/6) (sic pour l'orthographe des noms propres). Le 2e accrochage se termine par 3 tués, Cavroy, Legroux et le "Commandant Jean", auxquels il faut ajouter les 2 brûlés vifs, Demeester et Roche. Son fils, Jean Claude Cavroy, né le 14 octobre 1942, est décédé à Aix-Noulette (Pas-de-Calais) le 27 septembre 2014; son épouse est toujours vivante en juin 2016.

Source : Monsieur Caudron


Cavroy Marcel

Gentien Serge Alfred

Né le 4 décembre 1924 à Saleux (Somme) et domicilié à Aubercourt (Somme).

Tué au combat le 14 juin 1944 vers 6 heures au Bosquet-Cardot à Vadencourt.

Nom cité sur le monument de l’ancienne Gare de Vadencourt et le monument aux Morts d’Aubercourt.

Présent dans Mémoire des Hommes qui le dit mort le 15/06/1944. Déclaré M P F le 6 novembre 1947.

L'acte de décès, daté du 14 juin 1944 à 12 Heures, mentionne : "Le 14 juin 1944, 6 heures, un individu du sexe masculin, dont l'identité n'a pu être établie, est décédé au lieu-dit le Bosquet Cardot. Le signalement est le suivant : âge approximatif : dix-neuf ans – taille : 1 mètre 70 centimètres. cheveux châtains foncés. 4 larges incisives à la mâchoire supérieure. Vêtements : costume marron à lignes. chandail gris. chemise blanche à lignes violettes. chaussettes grises à lignes blanches. souliers bas". Cet acte de décès est complété par décision du Tribunal de 1ère instance de Vervins en date du 8 août 1947 : "Gentien Serge, né le 24 décembre 1924 à Saleux (Somme), fils de Gentien Serge et de Jilain Georgette, domicilié à Aubercourt par Domart sur la Luce (Somme). Par décision du Ministre des Anciens Combattants, en date du 27 avril 1948, l'acte est rectifié ainsi : "le défunt prénommé Serge Gentien au lieu de Serge Alfred était né le 4 décembre 1924 et non le 24 décembre. Sa mère est prénommée Marguerite Louise et non Georgette. Ses père et mère sont époux. Le dénommé Gentien célibataire était soldat aux Forces Françaises de l'Intérieur".

Au sortir du chemin de Paradis, le groupe de la grange prend la route de Vadencourt : Serge Gentien, Jacques Lecœur et Maurice Lenfant gagnent la pâture du Bosquet Cardot, mais sont tués. Serge Buquet recule en tirant avec sa mitraillette qui s’enraye au niveau du pont de chemin de fer après avoir tué un Allemand, s’empare de la mitraillette de celui-ci, mais celle-ci est aussi enrayée. Comprenant qu’il va devenir une cible facile d’autant plus qu’à partir de cet endroit, la route est droite et monte pour franchir le canal, sans lâcher les deux mitraillettes, il se laisse « couler » et trouve un caniveau passant sous la ligne de chemin de fer et s’y cache (38). Le père Serge Gentien, qui vient de voir mourir son fils, est fait prisonnier sur la route au niveau du canal : les Allemands le font se tourner pour lui tirer dans le dos. Au moment où l’allemand appuie sur la gâchette, Gentien le père  veut se retourner et prend une balle dans la gorge qui l’envoie inconscient dans le contre-fossé du canal. Laissé pour mort, il reprend conscience et remonte se réfugier dans le café Beaudouin

Le 3e et dernier accrochage se termine par 3 tués.


Source: Monsieur Caudron



Pauline Luthon habitait à Vadencourt où son mari, René Guise, était chef de gare sur la ligne du Nord Est reliant Saint Quentin à Guise.

Le 14 juin 1944, au cours de la nuit, ils ont été réveillés par des coups de feu de plus en plus nourris. Ils ignoraient ce qui se passait exactement, mais n’étaient pas sans savoir que la résistance était dans les environs.

En voulant gagner la première maison du village, ils ont été fauché net par une rafale de mitrailleuse. Dans leur sauvagerie, les allemands se sont emparés de leurs corps et les ont jetés dans le canal.

Pauline Luthon a été inhumée avec son mari dans le petit cimetière communal. Sa sépulture n’est distante que d’une dizaine de mètres de sa maison natale, située de l’autre côté du cimetière.

C’est après les hostilités que la municipalité de Mont d’Origny a décidé de débaptiser une partie de la rue de l’église pour lui donner celui de Pauline Luthon. Il en a été de même avec la rue de l’Escalier, qui a été appelée rue André Warin. Une façon légitime d’honorer la mémoire de ces deux femmes.  

Source : Article du journal  l’Aisne Nouvelle




Guise René Ernest Julien

Né le 11 juillet 1896 à Origny Sainte-Benoîte. Domicilié à la Gare de Vadencourt (Ligne Saint-Quentin – Guise par Origny Sainte-Benoîte) où il est employé.

Abattu par une mitrailleuse allemande le 14 juin 1944 vers 6h30 entre la Gare de Vadencourt et la rivière.

Inhumé le 16 juin 1944 au Mont d’Origny. Nom cité sur le monument de la gare de Vadencourt.

Non présent dans Mémoire des Hommes.

Fils de Julien Vincent Guise, débitant de boissons, et de Jeanne Ernestine Allart. Marié au Mont d'Origny, le 23 mars 1921, avec Flore Pauline Luthon.

L'acte de décès, dressé à Longchamps le 15 juin 1944, le dit "décédé à 6 heures au lieu-dit la Rivière de Bohéries".

Déclaré "mort pour la France" le 25 avril 1945.

Leur fils, Yves René Maurice Guise, né le 13 mars 1924 à Origny Sainte-Benoîte, est décédé à Berlin (Allemagne) le 18 mars 1945 (état-civil de Vadencourt, 10 janvier 1947, qui se réfère à la décision du Bureau de l'Etat-civil des déportés du Ministère des Anciens Combattants en date du 7 janvier 1947).

En 1944, Vadencourt possédait deux gares, car il est desservi par deux lignes de chemin de fer à voie unique (ligne Saint-Quentin-Guise par Origny Sainte-Benoîte et ligne Le Câtelet-Guise par Bohain), lignes qui se rejoignent au sud-est de Lesquielles Saint-Germain. Les époux Guise, affectés à la ligne qui vient de Longchamps et Proix, ont pour fonction de distribuer les billets aux voyageurs et de manœuvrer l'aiguillage des deux voies existantes au niveau des gares, doublement des voies qui permet, de façon simultanée, le stationnement d'un train et le passage d'un train circulant en sens contraire. Apeurés par les tirs du 3e accrochage, interprétant le silence qui suit le 3e accrochage comme le départ des Allemands, ils quittent la gare pour gagner le café Beauduin près du canal et sont abattus sur la route avant de franchir le pont du petit canal de l'usine. Leurs corps seront poussés par les Allemands dans ce canal et n'en seront retirés qu'après leur départ aux environs de midi.

Le terme de "chef de gare" est d'usage local, les deux époux étant "employés" de la Société d'exploitation du Chemin de fer.

Les époux Guise sont les 2e et 3e civils tués de la journée du 14 juin 1944.


Source: Monsieur Caudron

  

Pauline Luthon

Photo : Aisne Nouvelle


Gentien Serge

Demeester Roland

Bezeau Edouard

Né le 1er décembre 1920 à Billy-Montigny (Pas-de-Calais).

Membre F T P – Front National

Tué le 14 juin 1944 à Bohéries vers 5 heures du matin.

Nom cité sur le Monument aux Morts de Billy-Montigny (Pas-de-Calais). Rue à son nom à Rouvroy (Pas-de-Calais).

Présent dans Mémoire des Hommes qui écrit "Vadencourt en Boheries 02".

En date du 14 juin 1944, l'acte de décès, établi par Gaston Quentin Laurent, Président de la Délégation spéciale de Vadencourt et Bohéries, porte qu'à "cinq heures, un individu dont l'identité n'a pu être établie, est décédé au lieu-dit Bohéries. Le signalement est le suivant : âge approximatif : 35 ans - taille : 1 mètre 90 centimètres, cheveux châtains clairs, yeux gris, nez droit - vêtements kaki, tricot kaki militaire - pantalon gris noir - veste gris bleu - cache-nez chiné avec bandes bleues - chaussettes gris bleu - souliers montants."

L'heure, évidemment approximative, correspond au premier accrochage avec un véhicule de la Gestapo de Saint-Quentin dans la côte de Bohéries, véhicule dans lequel est tué Eduard Werner. Dans cet accrochage, Raymond Virot et un F T P, resté inconnu, sont tués aussi.

En mention marginale, un extrait de la décision du Tribunal civil de 1ère instance de Vervins, en date du 26 juin 1952, mentionne "Bézeau Edouard, né le 11 décembre 1920 à Billy-Montigny (Pas-de-Calais), fils de Bézeau Edouard et de Mahieu Estelle".

Déclaré M P F le 26 juin 1952.



Source : Monsieur Caudron


Durocher Roger

Salé Robert Henri Jean Baptiste

Né le 1er mars 1923 à Billy-Montigny (Pas-de-Calais). Domicilié à Hénin-Liétard (Pas-de-Calais), 322 Cité d’Arcy. Sergent F T P.

Fusillé par les Allemands vers 18h30 au château du Fay à Guise.

Nom cité sur les monuments d’Hénin-Beaumont, avec rue à son nom, du Château du Fay.

Présent dans Mémoire des Hommes. Déclaré mort pour la France le 29 mars 1957.

Fils d'Henri Salé et de Marie Hortense Godin.

Arrêté par les Allemands au cours de la journée du 14 juin 1944, amené par ceux-ci à la Gendarmerie de Guise pour y être "gardé à vue pendant une partie de la journée", repris dans la soirée pour être conduit dans la pâture du château du Fay ainsi que Zygfrid Dominiak, Emile Dubois et Marcel Rousseau.

Attachés deux par deux au bras, les 4 F T P arrivent au château du Fay avant 5 heures en camionnette. Une heure plus tard, ils sont emmenés au fond de la pâture à une centaine de mètres de la 1ère fosse et obligés de creuser un trou au bord duquel ils crient "vive la France", alors que 5 rafales les abattent ainsi que Durocher : il est environ 18H30 : les 5 derniers F T P  fusillés s'ajoutent aux 12 autres tués au combat ou décédés de suites de blessures ainsi qu'aux 10 civils abattus ou fusillés en ce 14 juin 1944. A partir de 9 heures du soir, dans les fossés de la citadelle d'Arras, 31 F T P sont fusillés, après avoir écrit leurs lettres d'adieux à leurs familles respectives dans des termes qui rejoignent le dernier cri des F T P. au château du Fay.

Lors de l'exhumation du 31 juillet 1944, une description est faite, par les gendarmes, avec cette particularité qu'il s'agit d'Emile Dubois ou de Robert Salé sans pouvoir aller plus avant dans l'identification : "un corps aux cheveux châtains porte deux pantalons dont un gris en dessous et un en laine bleue, deux chemises, dont une bleue et l'autre blanche rayée gris ou bleu, et des chaussures jaunes montantes à lacets. Il a la dentition complète. Une montre bracelet se trouve à son poignet gauche". En revanche, dans les mentions marginales, l'acte de décès de Guise identifie Robert Salé.

Réinhumé dans le cimetière de Guise.


Source: Monsieur Caudron




Williot

Né le 6 novembre 1920 à Quarouble (Nord). Domicilié à Longchamps.

Fusillé par les Allemands vers 14h30 au château du Fay à Guise.

Non présent dans Mémoire des Hommes.

Nom cité sur les monuments de Longchamps, Proisy avec rue à son nom, et du château du Fay à Guise.

Fils de Ferdinand Joseph Williot et de Marie Célinie Marchand. Marié à Jeanne Eugénie Lansiaux.

Le rapport de gendarmerie le dit né à Proisy, alors qu'en fait, il s'agit de son mariage.

L'acte de décès est dressé à Longchamps le 31 juillet 1944 à la suite de l'exhumation des fusillés du château de Fay.

Ouvrier agricole chez Emile Boutin, cultivateur dans l'une des fermes de Trémont, au matin du 14 juin 1944, il travaille "dans les champs avec un tombereau et deux chevaux". Arrêté et emmené vers midi à Longchamps dans un camion avec Henri Minet et son personnel, il évoquera sa faim devant ses compagnons.  Vers 14 H, le jardinier Allizard le voit descendre d'une camionnette attaché à un autre homme, en compagnie de deux autres attachés l'un à l'autre : il s'agit des civils, Raphaël Boulet, Edouard Bucquet, Henri Minet, et, évidemment, Raymond Williot. Les quatre sont dirigés vers le fonds de la pâture où ils doivent creuser une tombe. L'un et l'autre sont abattus d'une rafale de mitraillette et tombent dans la fosse. Les corps d'Emile Borgne et de Pierre de Martimprey sont traînés et poussés sur les tués avant le comblement de la fosse. Lors de l'exhumation du 31 juillet 1944, Marcel Houdez, maire de Noyales, le reconnaît "à son allure générale", et Emile Boutin le reconnaît "à ses vêtements et à l'ensemble de son corps" ajoutant "il portait son alliance et son couteau de poche (qu'il reconnait) pour l'avoir vu s'en servir journellement." Il est réinhumé dans le cimetière de Guise.

Déclaré mort pour la France le 11 septembre 1948.


Source : Monsieur Caudron