Les « Tués de Bohéries »

Reproduction même partielle formellement interdite.

De ce fait, toute technique de reproduction ou copie (photographique,

mécanique, manuelle, électronique, d'impression, etc...)                             

du matériel composant le présent site Web                        

est strictement interdite sans autorisation                                

de l'auteur et conformément à la loi en vigueur de protection

des droits d'auteurs.

Article L.122-4 du code la propriété intellectuelle. Article L.122-4

Lecœur Jacques Jean-Pierre.

Né le 29 décembre 1924 à Béthune (Pas-de-Calais) et domicilié à Vendin le Vieil (Pas-de-Calais), place Francisco Ferrer. F T P.

Tué au combat le 14 juin 1944 vers 6 heures à Vadencourt, le Bosquet-Cardot.  

Nom cité sur les monuments de Bohéries, Vendin le Vieil, avec rue à son nom, et église de Vadencourt.

Présent dans Mémoire des Hommes.

Gaston Quentin Laurent, Président de la Délégation Spéciale de Vadencourt et Bohéries, rédige l'acte de décès au nom du décédé, ce qui suppose le port de papier d'identité : "le 14 juin 1944, 6 heures, est décédé lieu-dit "le Bosquet" Cardot, Jacques Jean-Pierre Lecœur, né à Béthune (Pas-de-Calais) le 29 décembre 1924, profession apprenti-électricien, domicilié à Vendin le Vieil  (Pas-de-Calais), place Francisco Ferrer, sans autres renseignements." En application de la décision du Tribunal civil de Vervins rendue le 28 juin 1945, la mention marginale ajoute : "Jacques, Jean-Pierre Lecœur, célibataire, fils de Jean Lecœur, ouvrier aux Mines, et de Degorgne Mathilde, sans profession."

Déclaré M P F le 9 avril 1945.

"Souvenir des héros de Vadancourt … Lecœur Jacques " (plaque murale dans l'église de Vadencourt, cité 2/7) (sic pour l'orthographe des noms propres).

L'image mortuaire le dit né le 30 décembre 1924 et "Jociste".

Au sortir du chemin de Paradis, le groupe de la grange prend la route de Vadencourt : Serge Gentien, Jacques Lecœur et Maurice Lenfant gagnent la pâture du Bosquet Cardot, mais sont tués. Serge Buquet recule en tirant avec sa mitraillette qui s’enraye au niveau du pont de chemin de fer après avoir tué un Allemand, s’empare de la mitraillette de celui-ci, mais celle-ci s'enraye à son tour. Comprenant qu’il va devenir une cible facile d’autant plus qu’à partir de cet endroit, la route est droite et monte pour franchir le canal, sans lâcher les deux mitraillettes, il se laisse «couler» et trouve un caniveau passant sous la ligne de chemin de fer et s’y cache.

Le 3e et dernier accrochage se termine par 3 tués.

Source : Monsieur Caudron

Lefort François Marie-Georges, dit Jojo.

Né le 11 mai 1877 à Evreux (Eure) et domicilié à Longchamps. Ouvrier agricole.

Abattu par les Allemands le 14 juin 1944 vers 8 H 30 à Longchamps.

Inhumé dans le cimetière de Longchamps, mais sa tombe a disparue.

Nom cité sur le Monument aux Morts de Longchamps.

absent de Mémoire des Hommes.

Fils d'Adolphe Lefort, journalier, et de Rosalie Amandine Fossey. Marié le 3 juillet 1909, à Paris 20, avec Marie Ambroisine Louise Joly.

"Décédé à son domicile, route Nationale à Longchamps à 8 heures 30" (Acte d'état-civil de Lonchamps, établi le 15 juin 1944 à 20h30).

En 1944, Longchamps compte moins de 200 habitants. Le village s'est construit autour de son église et de son cimetière, à mi-pente du versant abrupte nord de la rivière "Oise" et au long des trois chemins pentus, dont l'un a été utilisé pour faire la route Bohain-Guise, alors "route nationale". Cette "route nationale" a naturellement eu pour effet de développer l'autre partie du village d'autant plus qu'elle enjambe l'Oise, un canal et la voie étroite de chemin de fer avec une gare : il y a donc une continuité entre Bohéries, lieu du 1er accrochage, et Longchamps, où habite Lefort. L'école avec l’appartement de l'instituteur, construite dans les débuts du 2e chemin pentu, est proche de cette "route nationale". "La nuit est calme, une douce nuit d'été. Mais c'est l'Occupation, et, soudain, vers 4 heures du matin, le drame éclate. Au loin, par la fenêtre entre baillée, on entend une fusillade : mitrailleuses et grenades font entendre leur sinistre crépitement. Que se passe-t-il? On ne sait encore rien : c’est l'anxiété. … La fusillade s'est calmée mais, à l'autre bout du village, dans le petit matin, on aperçoit le rougeoiement d'un incendie. … Une heure et demie après la naissance (de Jacques Wahart), vers 8 heures, le papa, qui a à peine eu le temps de voir son fils, est brutalement emmené, comme tous les hommes, à l'autre bout du pays. Gardé par des soldats, ces malheureux attendent de connaître leur sort …  Au milieu de ses compagnons d'infortune, le papa réfléchit. … Que va-t-il devenir? La mort l'attend-elle, au pied de ce mur où on l'a placé? Va-t-il être envoyé vers un camp inconnu? Quelle terrible angoisse alors que ce jour aurait dû être un jour de joie! Cette angoisse va durer quatre heures sous la menace des mitraillettes et sous les regards sombres des S S et de la Gestapo. Après un interrogatoire approfondi, rien n'ayant été découvert dans le village, les hommes seront finalement relâchés (récit laissé à son fils par Wahart, instituteur à Longchamps en 1944). Lefort quitte le groupe pour, semble-t-il, fermer la porte de sa maison : il est abattu sans avertissement. Le Conseil municipal vote la gratuité de la concession perpétuelle de sa tombe dans le cimetière de Longchamps, mais celle-ci a disparu sans qu'on sache même son endroit approximatif.

Source : Monsieur Caudron


Legroux Henri

Source : Mairie de Harnes

Legroux Henri Octave Léon.

Né le 13 juillet 1920 à Méricourt (Pas-de-Calais) et y demeurant.

Tué au combat le 14 juin 1944 vers 6 H à Bohéries.

Inhumé dans le cimetière de Harnes le 1er octobre 1944 après un service religieux. Nom cité sur les monuments de Bohéries, dans l’église de Vadencourt, et de Méricourt.

Présent dans Mémoire des Hommes qui écrit "Vadencourt et Botieries 02" et le déclare "mort au combat".

Gaston Quentin Laurent, président de la Délégation spéciale de Vadencourt, établit l'acte de décès sous le nom du décédé, ce qui suppose que celui-ci porte un papier d'identité sur lui et indique sa profession "d'ajusteur, domicilié à Harnes (Pas-de-Calais) 5 rue Donat Agache, sans autres renseignements. La mention marginale mentionne la décision du Tribunal civil de 1ère instance de Béthune, en date du 21 juin 1945, selon lequel Tribunal est "fils de Louis Joseph et et de Tissot Eugénie Elodie et époux de Polart Célestine Elisa Françoise".

Déclaré M P F le 16 octobre 1945.

"Souvenir des héros de Vadancourt … Legroux Henri" (plaque murale dans l'église de Vadencourt, cité 6/7) (sic pour l'orthographe des noms propres).

Le 2e accrochage se termine par 3 tués, Marcel Cavroy, Henri Legroux et le "Commandant Jean", auxquels il faut ajouter les 2 brûlés vifs, Roland Demeester et Charles Roche.

Source : Monsieur Caudron


Minet Henri

Né à Templeuve (Belgique) le 25 septembre 1904. Domicilié à la ferme de la Grumelle à Noyales.

Cultivateur.

Fusillé par les Allemands le 14 juin 1944 vers 14h30 au château du Fay à Guise.

Inhumé dans le cimetière de Noyales, puis de Templeuve. Nom cité sur le Monument aux Morts de Noyales et du château du Fay à Guise.

Absent de Mémoire des Hommes. Fils d'Henri Cyrille Minet et de Louise Mariage, marié à Mariette Hélène Léonie Charlotte Claux.

"le 14 juin 1944, vers 9h30, des éléments de troupe allemande se sont présentés à la ferme et ont rassemblé tout le personnel (et Henry Minet), … gardés à vue dans l'écurie pendant que les soldats allemands pillaient la maison et les dépendances. Vers 12 heures, (tous sont) emmenés dans un camion à destination de Longchamps. Boulet, Bucquet, Minet et Williot font partie du groupe de 15 hommes, ramassés aux fermes de la Grumelle, la Vallée à l'Orge et Afchain et amenés à Bohéries après le renvoi des hommes de Longchamps, reconnus par la maire Houdez, le curé Moreau et même, semble-t-il par le régisseur allemand de Proix. Boulet et Bucquet ont leur domicile à Avesnes (Nord), Williot n'a pas de papiers sur lui, Minet a été traité de "terrorist" devant Modeste Moyaert : à Bohéries, tous les 4 n'ont "aucun avocat" pour parler en leur faveur. Vers 14 heures, attachés deux par deux au bras, ils arrivent en camionnette à la pâture du Château du Fay, sont obligés de creuser une fosse, rangés sur le bord face au trou et tués, l'un après l'autre, d'une rafale de mitraillette".

Détail : madame Minet est enceinte de 6 mois, et, malgré cet état, elle assaille les Allemands de demandes de récupérer le corps de son mari, ce que ceux-ci finiront par accepter. Lors de l'exhumation du 31 juillet 1944, Eugène Pagnier, maire de Noyales, et Emile Boutin, cultivateur au hameau de Trémont, reconnaissent Henry Minet "à l'allure générale du corps, à son chapeau marron qu'il portait toujours pour les travaux des champs, à ses bottes en caoutchouc, à ses papiers d'identité", mais madame Minet relève que "son alliance manquait". Lors des obsèques, à Noyales, le 10 août 1944, le Curé, Charles Bouchoir", saluera l'Officier martyr d’un roi captif et d'un pays ravagé par les horreurs de la guerre". La cause de cette exécution a aussi été attribuée à l'ordre donné aux troupes allemandes de fusiller tous les hommes étrangers au lieu où se déroule un attentat. Henry Minet détenait 3 papiers d'identité, une carte d'identité belge, une carte d'officier belge et une carte de résident en France : nous ignorons le(s) document(s) présenté(s). La mise en cause de Suzanne Pelletier, comme ayant "aidé" et même "guidé" les Allemands, repose sur une interprétation de la familiarité avec les Allemands dont elle faisait preuve ouvertement, qu'elle  utilisa pour faire relâcher au moins un jeune arrêté par la Gestapo et qui n'a donné lieu à aucune réaction défavorable de la population jusqu'en août 1944. Après la libération, le reproche se limite à être la "cause indirecte" de 3 arrestations sur 4, et, le jugement de la Cour de Justice de l'Aisne, intervenu le 13 juin 1945, ne retiendra pas ce grief.


Source : Monsieur Caudron


Lenfant Maurice

Né le 26 mars 1904 à Halloy (Pas-de-Calais) et demeurant à Vendin le Vieil (Pas-de-Calais).

Tué au combat le 14 juin 1944 vers 6 heures à Vadencourt, le Bosquet-Cardot.

Nom cité sur les monuments de Vendin le Vieil,avec rue à son nom, Bohéries et de l’église de Vadencourt.

Présent dans Mémoire des Hommes qui le déclare "tué au maquis".

L'acte de décès est établi au nom de Maurice Lenfant, ce qui suppose un papier d'identité trouvé sur l'intéressé : "le 14 juin 1944, est décédé lieudit le Bosquet Cardot, Maurice Lenfant, né à Halloy (Pas-de-Calais) le 26 mars 1904, profession pointeur, domicilié à Vendin Le Vieil, 46 rue du 1er mai, fils de Paul Hippolyte Théophane Achille Lenfant et de Irma Clémentine Bray, sans autres renseignements." En mentions marginales, est rapportée la décision du Tribunal civil de 1ère instance en date du 28 juin 1945 "Lenfant Maurice y sera dit fils de Paul Hippolyte Théophane Achille Lenfant, décédé, et de Irma Clémentine Bray, débitante de boissons demeurant rue Casimir Beugnet à Vendin le Vieil (pas-de-Calais) époux de Lambert Isabelle, demeurant 46 rue du 1er mai  à Vendin le Viel."

Déclaré M P F le 26 février 1945.

"Souvenir des héros de Vadancourt … Lenfant Maurice" (plaque murale dans l'église de Vadencourt, cité 1/7) (sic pour l'orthographe des noms propres).

Au sortir du chemin de Paradis, le groupe de la grange prend la route de Vadencourt : Serge Gentien, Jacques Lecœur et Maurice Lenfant gagnent la pâture du Bosquet Cardot, mais sont tués. Serge Buquet recule en tirant avec sa mitraillette qui s’enraye au niveau du pont de chemin de fer après avoir tué un Allemand, s’empare de la mitraillette de celui-ci, mais celle-ci est aussi enrayée. Comprenant qu’il va devenir une cible facile d’autant plus qu’à partir de cet endroit, la route est droite et monte pour franchir le canal, sans lâcher les deux mitraillettes, il se laisse « couler » et trouve un caniveau passant sous la ligne de chemin de fer et s’y cache.

Le 3e et dernier accrochage se termine par 3 tués.


Source : Monsieur Caudron




Virot Raymond

Né le 3 octobre 1925 à Montigny en Gohelle (Pas-de-Calais) et y demeurant.

Sergent F T P à titre psothume.

Tué au combat le 14 juin 1944 vers 5 H à Bohéries.

Nom cité sur la stèle de la résistance à Montigny en Gohelle.

Absent de Mémoire des Hommes.

Engagé aux F T P en 1942.

"Le 14 juin 1944, 5 heures, un individu de sexe masculin dont l'identité n'a pu être établie, est décédé au lieu-dit Bohéries. Le signalement est le suivant : âge approximatif : 25 ans, taille : 1 mètre 80 centimètres, cheveux châtains-roux, yeux gris-clairs, nez assez gros, vêtements : pantalon de toile bleue, ceinture cuir - caleçon blanc, chemise bleue, tricot bleu-foncé, veston noir avec poches à boutons, cache-nez gris à lignes violettes, chaussettes en coton bleues, souliers montants" (Vadencourt, actes d'état-civil du 14 juin 1944). Dans la marge, est écrit "Iviot" . Il n'y a pas de mentions marginales pour identifier la personne visée à l'acte d’état-civil n° 15 de la commune de Vadencourt et Bohéries de l'année 1944.

L'heure, évidemment approximative, correspond au premier accrochage avec un véhicule de la Gestapo de Saint-Quentin dans la côte de Bohéries, véhicule dans lequel est tué Eduard Werner de la  même Gestapo.

Le premier accrochage se solde par 3 F T P tués, Edouard Bezeau, Raymond Virot et un inconnu.

Source : Monsieur Caudron



Williot Raymond

Né le 6 novembre 1920 à Quarouble (Nord). Domicilié à Longchamps.

Fusillé par les Allemands vers 14 H 30 au château du Fay à Guise.

Non présent dans Mémoire des Hommes.

Nom cité sur les monuments de Longchamps, Proisy avec rue à son nom, et du château du Fay à Guise.

Fils de Ferdinand Joseph Williot et de Marie Célinie Marchand. Marié à Jeanne Eugénie Lansiaux.

Le rapport de gendarmerie le dit né à Proisy, alors qu'en fait, il s'agit de son mariage.

L'acte de décès est dressé à Longchamps le 31 juillet 1944 à la suite de l'exhumation des fusillés du château de Fay.

Ouvrier agricole chez Emile Boutin, cultivateur dans l'une des fermes de Trémont, au matin du 14 juin 1944, il travaille "dans les champs avec un tombereau et deux chevaux". Arrêté et emmené vers midi à Longchamps dans un camion avec Henri Minet et son personnel, il évoquera sa faim devant ses compagnons.  Vers 14 H, le jardinier Allizard le voit descendre d'une camionnette attaché à un autre homme, en compagnie de deux autres attachés l'un à l'autre : il s'agit des civils, Raphaël Boulet, Edouard Bucquet, Henri Minet, et, évidemment, Raymond Williot. Les quatre sont dirigés vers le fonds de la pâture où ils doivent creuser une tombe. L'un et l'autre sont abattus d'une rafale de mitraillette et tombent dans la fosse. Les corps d'Emile Borgne et de Pierre de Martimprey sont traînés et poussés sur les tués avant le comblement de la fosse. Lors de l'exhumation du 31 juillet 1944, Marcel Houdez, maire de Noyales, le reconnaît "à son allure générale", et Emile Boutin le reconnaît "à ses vêtements et à l'ensemble de son corps" ajoutant "il portait son alliance et son couteau de poche (qu'il reconnait) pour l'avoir vu s'en servir journellement." Il est réinhumé dans le cimetière de Guise.

Déclaré mort pour la France le 11 septembre 1948.

Source : Monsieur Caudron


Oget Jules Henri

Né à Landifay le 3 octobre 1883 et domicilié à la ferme Mulet à Bohéries. Ouvrier agricole.

Non présent dans Mémoire des Hommes.

Né de père inconnu et de Marie Joséphine Léonie Oget, festonneuse. Marié à Landifay, le 7 mai 1921, avec Marie Hélène Lambert. En mentions marginales, figure la mention "décédé à Vadencourt et Bohéries (02) le 14 juin 1944."

L'acte de décès, dressé à Longchamps le 15 juin 1944 après 20 heures, le déclare décédé à 5 heures, ce qui place sa mort avant la sortie des résistants de la grange et la mort de Marcel Cavroy.

Déclaré "mort pour la France" le 20 mai 1945.

L'horaire de l'état-civil, écrit par le maire Houdez et l’instituteur Wahart, est à interpréter comme une reconstitution des évènements : Madame Mulet se réfugie avec ses voisins dans la cave de ses derniers, lors de la prise de possession des lieux par Demeester et Roche, mais oublie d'alerter son ouvrier agricole, Jules Oget, sourd qui dort dans l'écurie : elle sera blessée aux jambes par la grenade lancée par les Allemands dans la cave lors du 2e accrochage. Oget est réveillé, soit par l'incendie de la maison, soit à l'heure habituelle de son lever. Il est abattu par la mitrailleuse, mise en place pour le 2e accrochage, alors qu'il tente de fuir en grimpant le versant qui surplombe la ferme.

Il est le 1er des 10 civils tués au cours de cette journée.


Source : Monsieur Caudron




« Commandant Jean »

Tué au combat vers 6 H le 14 juin 1944 à Bohéries.

Ce "commandant Jean" n'a pas été identifié et son pseudo est donné par Renée Desprez, épouse Buquet, agent de liaison du capitaine Cavroy. Celle-ci déclare l'avoir vu à Metz en Couture, lors de la réunion préparatoire au mouvement des 3 compagnies de F T P vers le maquis des Ardennes en date des 10 et 11 juin. Il n'est pas impossible qu'il soit le "commandant" qui dirige la réquisition des véhicules dans la nuit du 13 au 14 juin à Étaves et Bocquiaux et Seboncourt.

Au matin du 14 juin, alors stationnée près de l'église de Vadencourt, "Rose" le voit passer dans sa Traction de commandement avec un chauffeur, aller vers Bohéries après le 1er accrochage, revenir vers l'église donner l'ordre de dispersion aux F T P, et repartir une seconde fois vers Bohéries. Elle voit, à nouveau, revenir la Traction toujours conduite par le chauffeur : le "commandant Jean" se trouve dans la voiture, mais il est mort.

Renée Antoinette Desprez, épouse de Serge Buquet, née à Harnes (Pas-de-Calais) le 11 novembre 1923 et décédée à Morlaix (Finistère) le 8 mars 2010, est la messagère, sous le pseudo de "Rose", du capitaine Marcel Cavroy : le 2 juin 1944, elle rejoint celui-ci au café Vulcain, à Harnes, part avec lui et 25 F T P pour séjourner à Ablain Saint-Nazaire du 2 au 9, porte l'ordre de gagner le maquis des Ardennes le 10 au matin à Marcel Cavroy dans le bois d'Havrincourt, séjourne à Joncourt et Bernoville, où elle passe la journée au château et y prend même un bain, gagne le bois de Cessereux au soir du 13 juin, se trouve au niveau de l'église de Vadencourt pendant les combats du 14, gagne Lavaqueresse avec 25 F T P à la suite de l'ordre de dispersion, retrouve au bout de deux jours le groupe réfugié à Tupigny, d'où elle reçoit l'ordre de gagner la Bois La Dame à La Capelle le 25 juin, puis le bois de Fourmies où elle séjourne jusqu'aux environs du 10 juillet. A pied, elle rentre saine et sauve à Harnes le 12 juillet avec 3 autres F T P, dont Serge Buquet : le périple a duré 40 jours, mais Serge Buquet a conservé sa mitraillette, réparée par le forgeron de Vadencourt et portant gravée, par son propriétaire, le nom de "Rose".

Source : Monsieur Caudron



Rousseau Marcel

Né le 23 avril 1914 à Billy-Montigny (Pas-de-Calais) et domicilié à Noyelles-sous-Lens (Pas-de-Calais).

Fusillé par les Allemands vers 18h30 au château du Fay à Guise.

Déclaré mort pour la France le 28 avril 1946.

Fils de Louis Rousseau et d'Adeline Sophie Routard.

Arrêté par les Allemands au cours de la journée du 14 juin 1944, amené par ceux-ci à la Gendarmerie de Guise pour y être "gardé à vue pendant une partie de la journée", repris dans la soirée pour être conduit dans la pâture du château du Fay ainsi que Zygfrid Dominiak, Emile Dubois et Robert Salé.

Attachés deux par deux au bras, les 4 F T P arrivent au château du Fay avant 5 heures en camionnette. Une heure plus tard, ils sont emmenés au fond de la pâture à une centaine de mètres de la 1ère fosse et obligés de creuser un trou au bord duquel ils crient "vive la France", alors que 5 rafales les abattent ainsi que Durocher : il est environ 18h30 : les 5 derniers F T P  fusillés s'ajoutent aux 12 autres tués au combat ou décédés de suites de blessures ainsi qu'aux 10 civils abattus ou fusillés en ce 14 juin 1944. A partir de 9 heures du soir, dans les fossés de la citadelle d'Arras, 31 F T P sont fusillés, après avoir écrit leurs lettres d'adieux à leurs familles respectives dans des termes qui rejoignent le dernier cri des F T P. au château du Fay.

Son signalement, décrit dans l'état-civil de Guise en date du 31 juillet 1944 est rédigé ainsi : "taille 1 m 70, cheveux châtains, chaussures montantes cuir noir, semelles cuir, chaussettes grises, pantalon toile bleue, maillot laine rouge, tricot violet, veston noir rayé, râtelier mâchoire supérieure."


Source : Monsieur Caudron