Les « Tués de Bohéries »

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Borgne Léon Jules Emile

Né le 9 avril 1883 à Braye sous Clamecy (Aisne), domicilié à Aisonville et Bernoville (Aisne).

Fils de Jules Louis Emile Borgne, instituteur, et de Léontine Evilliot, veuf en 1ères noces de Marie Louise Anaïs Petitier, marié à Montreuil, le 23 juillet 1919, avec Fernande Victorine Marie Fleury.

Membre du Conseil municipal depuis 1919 sans avoir jamais été adjoint, fermier de Madame Valentine Hennet de Bernoville, épouse Auguste de Martimprey.

Victime civile. Fusillé par les Allemands le 14 juin 1944 vers 7h15 au château du Fay à Guise.

Inhumé dans le cimetière de Bernoville. Nom cité sur le monument du château du Fay à Guise et sur le monument aux Morts d’Aisonville et Bernoville avec une rue à son nom.

Non présent dans Mémoire des Hommes. Déclaré mort pour la France le 4 décembre 1947.

Excepté le commandement installé au château de Bernoville, la 5e Cie de F T P séjourne la journée du 13 juin 1944 dans les bâtiments de la ferme cultivée par Emile Borgne : celui-ci fait tuer un veau pour nourrir les F T P. Le sous-officier Allemand se présente vers 20 heures selon les déclarations faites, le 5 août 1944, d'Evariste Nicolas. Il blesse la sentinelle, postée sous le porche d'entrée, mais est abandonné par le conducteur de sa voiture et poursuivi par les F T P jusqu'à la ferme Prévot où il est blessé et achevé. En accord avec Pierre de Martimprey, il accepte de rester chez lui tout en pressentant le sort que leur réserveront les Allemands. Il est arrêté et emmené par les Allemands vers 4 heures du matin. Vers 7 heures du matin, le long du mur du château de Fay, sur la route de La Capelle, le jardinier Armand Allizard voit "deux hommes (Martimprey et Borgne) appuyés face au mur, les mains levées, gardés par des soldats en armes. … Quelques instants plus tard, 4 soldats et 1 officier SS sont venus les chercher pour les emmener dans la pâture située après le château. Ils sont conduits dans le fonds de la pâture … en contrebas de la route. Les 4 soldats allemands se sont mis derrière eux et leur ont tiré une rafale de mitraillette dans la tête. "Son corps reste sur place jusqu'en début d'après-midi et, après la fusillade des 4 civils, sera traîné, par les pieds, jusqu’à la fosse dans laquelle ceux-ci viennent de tomber. Lors de son décès, il est "vêtu d'un pantalon en coutil côtelé beige, d'un veston sport en lainage gris bleu marqué "Vieil Ami" à la poche intérieure, coiffé d'un chapeau marron et chaussé de souliers bas à élastiques et à semelles de crêpe. (Il est porteur) d'un briquet  et d'un couteau de poche … d'une alliance portant la date de (son) mariage", objets qui seront rendus à madame Borgne par Evariste Nicolas, qui assiste à l'exhumation, pratiquée au Château de Fay le 31 juillet 1944. Bien qu'interdites par les Allemands, les obsèques publiques ont lieu le lendemain en l'église de Bernoville avec la présence de tous les habitants, au premier rang desquels se trouve le régisseur allemand de la ferme Woll dans laquelle le sous-officier allemand avait tenté de se réfugier.

Avec de Martimprey, il s'agit des 4e et 5e civils tués de la journée du 14 juin 1944.


Source : Mr Caudron


Boulet Raphaël

Né le 30 juillet 1922 à Petit-Fayt (Nord). Domicilié à Avesnes sur Helpes (Nord). Ouvrier agricole.

Victime civile. Fusillé par les Allemands vers 14H30 au château du Fay à Guise.

Nom cité sur le monument du Fay à Guise.

Non présent dans Mémoire des Hommes.

Le 5 août 1944, Jean-Baptiste Afchain décrit ainsi aux gendarmes l'arrestation : "le 14 juin 1944, vers 8 heures, M. Boulet Raphaèle (sic) que je connais depuis son enfance, est arrivé chez moi. Cet homme était accompagné d'un camarade. Son camarade m'était inconnu. Quelques instants plus tard, alors que nous étions en train de discuter, 150 Allemands environ, faisant partie d'une formation de S.S., qui venaient de se battre avec un groupe de résistance, ont fait irruption dans ma ferme. Après avoir fait une perquisition à mon domicile, ils ont emmené tous les hommes présents et nous ont conduits au hameau de Bohéries. Là, nous avons été placés aux côtés d'autres personnes qui s'y trouvaient déjà. Après avoir vérifié nos identités, les Allemands nous ont priés de regagner nos domiciles respectifs, à l'exception de M. Boulet et de son camarade. A mon avis, je crois que ces hommes ont été retenus parce qu'ils n'étaient pas de la région".

Lors de l'exhumation du 31 juillet 1944, Afchain reconnaît Boulet "par les vêtements qu'il portait au moment de son arrestation. De plus, il avait encore des pièces d'identité sur lui". Dans sa déposition du 21 octobre 1944, relative à Suzanne Pelletier, il raconte que "vers 8 heures, les SS  sont venus chez moi et ont perquisitionné dans toute la ferme. A cette première perquisition, ils ont été très corrects; ils n’ont rien volé et se sont bornés seulement à visiter les différentes pièces de la maison et la grange. Boulet et Bucquoy se trouvaient chez moi au moment de cette perquisition. Les Allemands n'ont même pas demandé leurs papiers. Environ une heure plus tard, une quarantaine de SS  sont venus à la ferme, ils se sont mis à perquisitionner une deuxième fois, brisant une porte et volant une quantité importante de vivres et de linges. La perquisition a duré plus d’une heure. Boulet et Bucquoy qui étaient encore chez moi, ont été réquisitionnés avec mes fils pour ouvrir une ancienne cave; ce travail terminé, ils sont descendus à Longchamps sous la garde des S S." Boulet, Bucquet, Minet et Williot font partie du groupe de 15 hommes, ramassés aux fermes de la Grumelle, la Vallée à l'Orge et Afchain et amenés à Bohéries après le renvoi des hommes de Longchamps, reconnus par le maire Houdez, le curé Moreau et, peut-être le régisseur allemand de Proix : Williot n'a pas de papiers sur lui, Minet a été traité de "terrorist" devant Modeste Moyaert : à Bohéries, tous les 4 n'ont "aucun avocat" pour parler en leur faveur. Vers 14 heures, attachés deux par deux au bras, ils arrivent en camionnette à la pâture du Château du Fay, sont obligés de creuser une fosse, rangés sur le bord face au trou et tués, l'un après l'autre d’une rafale de mitraillette".

Réinhumé dans le cimetière de Guise.


Source : Mr Caudron



BUCQUOY Edouard Albain

Né le 29 septembre 1891 à Flaumont-Vaudrechies (Nord). Domicilié à Avesnes sur Helpe (Nord). Ouvrier agricole. Victime civile. Fusillé par les Allemands vers 14h30 au château du Fay à Guise.

Nom cité sur le monument du Fay à Guise. Rue à son nom à Avesnes sur Helpe (Nord).

Le 5 août 1944, Jean-Baptiste Afchain décrit ainsi aux gendarmes l'arrestation : le 14 juin 1944, "vers 8 heures, deux civils sont arrivés à mon domicile. L'un d'eux, que je connaissais depuis son enfance, était déjà venu maintes fois chez moi. Son camarade m'était inconnu. Dès son arrivée, j'ai dévisagé ce dernier. Voyant cela, cet homme m'a déclaré se nommer Bucquoy Edouard. Aussitôt, j'ai remarqué qu'il portait deux rubans de décorations à la boutonnière de son veston qui était bleu. Cet homme venait, comme son ami, chercher un peu de ravitaillement. Quelques instants plus tard, les Allemands ont fait irruption dans ma ferme et ont tout fouillé." Dans la déclaration relative à Boulet, Afchain déclare : "Après avoir fait une perquisition à mon domicile, ils ont emmené tous les hommes présents et nous ont conduits au hameau de Bohéries. Là, nous avons été placés aux côtés d'autres personnes qui s'y trouvaient déjà. Après avoir vérifié nos identités, les Allemands nous ont priés de regagner nos domiciles respectifs, à l'exception de M. Boulet et de son camarade. A mon avis, je crois que ces hommes ont été retenus parce qu'ils n'étaient pas de la région". Dans sa déposition du 21 octobre 1944, il raconte que "vers 8 heures, les S S … sont venus chez moi et ont perquisitionné dans toute la ferme. A cette première perquisition, ils ont été très corrects; ils n’ont rien volé et se sont bornés seulement à visiter les différentes pièces de la maison et la grange. … Boulet et Bucquoy … se trouvaient chez moi au moment de cette perquisition. Les Allemands n'ont même pas demandé leurs papiers. Environ une heure plus tard … une quarantaine de S S … sont venus à la ferme … ils se sont mis à perquisitionner une deuxième fois, brisant une porte et volant une quantité importante de vivres et de linges. La perquisition a duré plus d’une heure. Boulet et Bucquoy ont été réquisitionnés avec mes fils pour ouvrir une ancienne cave; ce travail terminé, ils sont descendus à Longchamps sous la garde des S S." Lors de l'exhumation du 31 juillet 1944, Afchain reconnaît Bucquoy "par sa corpulence et son veston bleu sur lequel se trouvaient encore les deux rubans de décorations. De plus, ses pièces d'identité étaient encore dans ses vêtements". Boulet, Bucquoy, Minet et Williot font partie du groupe de 15 hommes, ramassés aux fermes de la Grumelle, la Vallée à l'Orge et Afchain et amenés à Bohéries après le renvoi des hommes de Longchamps. Vers 14 heures, attachés deux par deux au bras, ils arrivent en camionnette à la pâture du Château du Fay, sont obligés de creuser une fosse, rangés sur le bord face au trou et tués, l'un après l'autre d’une rafale de mitraillette".

Réinhumé dans le cimetière de Guise.


Source : Mr Caudron



Roche Charles Isaïe

Né le 18 août 1921 à Grenay (Pas-de-Calais). Domicilié à Harnes (Pas-de-Calais).

Sergent F.T.P. Blessé et brûlé vif le 14 juin 1944 vers 6 heures dans la maison Mulet à Bohéries.

Nom cité sur les monuments de Bohéries et de l’église de Vadencourt.

Présent dans Mémoire des Hommes qui écrit "Vadercourt" et le dit "tué au combat".

Il entre au mouvement FTP en juillet 1943 dans le groupe Durocher et participe aux sabotages de l'usine Kulhmann de Courrières.

Dans les actes de l'état-civil, Gaston Quentin Laurent, Président de la Délégation Spéciale de Vadencourt, déclare que "le 14 juin 1944, 6 heures, un individu du sexe masculin, dont l'identité n'a pu être établie, est décédé au lieu-dit Bohéries, dans la maison Mulet-Romby. L'état du corps n'a pas permis de donner aucun signalement." En mentions marginales, par décision du Tribunal civil de 1ère instance de Béthune, en date du 21 juin 1945, est précisée l'identité : "Roche Charles Isaïe, née à Harnes le 18 août 1921, fils de Léonce Julien et de Vassot Emérance Marie et époux de Coutiez Victoire Josèphe, domicilié à Harnes 33 rue du Quai."

Déclaré M P F le 16 novembre 1945.

"Souvenir des héros de Vadancourt … Roche Charles" (plaque murale dans l'église de Vadencourt, cité 3/7) (sic pour l'orthographe des noms propres).

Vers 7 heures, alertés par l'arrêt des coups de feu à Bohéries et voulant sauver les rescapés éventuels que leur ont signalés les F T P après l'engagement du Bosquet Cardot, les pompiers de Vadencourt prennent la pompe à incendie et se dirigent vers Bohéries dans le but officiel d'éteindre le feu de la maison Mulet : ils en sont empêchés par les Allemands qui leur déclarent être à l'origine de l'incendie.

Le 2e accrochage se termine par 3 tués, Marcel Cavroy, Henri Legroux et le "Commandant Jean", auxquels il faut ajouter les 2 brûlés vifs, Roland Demeester et Charles Roche.


Source : Mr Caudron




Dominiak Zygfrid

Né le 18 février 1925 à Noyelles-sous-Lens (Pas-de-Calais). Domicilié à Hénin-Liétard (Pas-de-Calais).

Fusillé par les Allemands le 14 juin 1944 vers 18 H 30 au château du Fay à Guise.

Nom cité sur les monuments du château du Fay à Guise, de Noyelles-sous-Lens et d’Hénin-Beaumont avec une rue à son nom.

Présent dans Mémoire des Hommes.qui écrit "Moyelle sur Lens". Déclaré mort pour la France le 23 juin 1952.

Fils de François Dominiak et de Louise Despet.

L'état-civil de Guise le décrit ainsi : "taille 1 m 73 - cheveux blond foncé , chaussures richelieu cuir noir, semelles cuir, chaussettes gris foncé, deux pantalons dont un de toile bleue avec fermeture éclair, pull-over laine grenat, chemise kaki, dentition complète".

Le monument du Château du Fay le prénomme "Zygefrid", comme le document des Archives de l'Aisne.

Arrêté par les Allemands au cours de la journée du 14 juin 1944, amené par ceux-ci à la Gendarmerie de Guise pour y être "gardé à vue pendant une partie de la journée", repris dans la soirée pour être conduit dans la pâture du château du Fay ainsi qu'Emile Dubois, Marcel Rousseau et Robert Salé. Attachés deux par deux au bras, les 4 F T P arrivent au château du Fay avant 5 heures en camionnette. Une heure plus tard, ils sont emmenés au fond de la pâture à une centaine de mètres de la 1ère fosse et obligés de creuser un trou au bord duquel ils crient "vive la France", alors que 5 rafales les abattent ainsi que Durocher : il est environ 18h30 : les 5 derniers F T P  fusillés s'ajoutent aux 12 autres tués au combat ou décédés de suites de blessures ainsi qu'aux 10 civils abattus ou fusillés en ce 14 juin 1944. A partir de 9 heures du soir, dans les fossés de la citadelle d'Arras, 31 F T P sont fusillés, après avoir écrit leurs lettres d'adieux à leurs familles respectives dans des termes qui rejoignent le dernier cri des F T P. au château du Fay.

Lors de l'exhumation du 31 juillet 1944, il n'est pas identifié parmi les 5 tués de la fosse des F T P.


Source : Mr Caudron



Dubois Emile.

Né le 20 décembre 1924 à Hénin-Liétard où il est domicilié.

Fusillé par les Allemands vers 18 H 30 au château du Fay à Guise.

Nom cité sur le monument du château du Fay à Guise.

Arrêté par les Allemands au cours de la journée du 14 juin 1944, amené par ceux-ci à la Gendarmerie de Guise pour y être "gardé à vue pendant une partie de la journée" dans l'après-midi, repris dans la soirée pour être conduit dans la pâture du château du Fay ainsi que Zygfrid Dominiak, Marcel Rousseau et Robert Salé. Attachés deux par deux au bras, les 4 F T P arrivent au château du Fay avant 5 heures en camionnette. Une heure plus tard, ils sont emmenés au fond de la pâture à une centaine de mètres de la 1ère fosse et obligés de creuser un trou au bord duquel ils crient "vive la France", alors que 5 rafales les abattent ainsi que Durocher : il est environ 18 H 30 : les 5 derniers F T P  fusillés s'ajoutent aux 12 autres tués au combat ou décédés de suites de blessures ainsi qu'aux 10 civils abattus ou fusillés en ce 14 juin 1944. A partir de 9 heures du soir, dans les fossés de la citadelle d'Arras, 31 F T P sont fusillés, après avoir écrit leurs lettres d'adieux à leurs familles respectives dans des termes qui rejoignent le dernier cri des F T P. au château du Fay.

Lors de l'exhumation du 31 juillet 1944, une description est faite, par les gendarmes, avec cette particularité qu'il s'agit d'Emile Dubois ou de Robert Salé sans pouvoir aller plus avant dans l'identification, alors que les actes de l'état-civil de Guise permettent d'éliminer Robert Salé. Le premier des 11 actes de Guise, relatifs aux fusillés du Château de Fay, ne comporte aucun nom en mentions marginales au contraire de tous les autres, ce qui permet d'appliquer le signalement à Emile Dubois : "taille 1 m 62, cheveux châtains foncés longs, chaussures montantes cuir, talons caoutchouc, deux pantalons dont un bleu, chemise bleue, veston noir à rayures, manque une dent à la mâchoire inférieure."

Réinhumé dans le cimetière de Guise.


Source : Mr Caudron



Inconnu.

Tué le 14 juin 1944 vers 5 H à Bohéries, le Paradis.

L'acte d'état-civil n° 17 de Vadencourt et Bohéries ne comporte aucune mention marginale et il est ainsi rédigé :"Le 14 juin 1944, 5 heures, un individu du sexe masculin dont l'identité n'a pu être établie est décédé au lieu-dit le Paradis. Le signalement est le suivant : âge approximatif : 30 ans - taille 1 mètre 64 centimètres - cheveux châtains foncés - yeux gris - nez busqué, une bague métal jaune à l'auriculaire gauche. Vêtements : tricot bleu foncé sous la chemise bleu pâle avec boutons bleus - tricot gris marron - pantalon noir en toile - chaussettes en laine kaki - veston bleu marine - souliers bas jaunes."

L'heure, évidemment approximative, correspond au premier accrochage avec un véhicule de la Gestapo de Saint-Quentin dans la côte de Bohéries, véhicule dans lequel est tué Eduard Werner. Dans cet accrochage, Edouard Bezeau  et Raymond Virot sont tués aussi.

Le monument de Bourlon (Pas-de-Calais), commémorant le combat du 11 juin 1944 avec la Feldgendarmerie, ajoute "deux inconnus" à la liste des 8 F T P tués. D'autre part, les exhumations définitives de fin septembre 1944 n'ont laissé aucune trace dans les archives des communes concernées.

Le premier accrochage se solde par 3 F T P tués, Edouard Bezeau, Raymond Virot et un inconnu.


Source : Mr Caudron


Legroux Henri Octave Léon.

Né le 13 juillet 1920 à Méricourt (Pas-de-Calais) et y demeurant.

Tué au combat le 14 juin 1944 vers 6 H à Bohéries.

Inhumé dans le cimetière de Harnes le 1er octobre 1944 après un service religieux. Nom cité sur les monuments de Bohéries, dans l’église de Vadencourt, et de Méricourt.

Présent dans Mémoire des Hommes qui écrit "Vadencourt et Botieries 02" et le déclare "mort au combat".

Gaston Quentin Laurent, président de la Délégation spéciale de Vadencourt, établit l'acte de décès sous le nom du décédé, ce qui suppose que celui-ci porte un papier d'identité sur lui et indique sa profession "d'ajusteur, domicilié à Harnes (Pas-de-Calais) 5 rue Donat Agache, sans autres renseignements". La mention marginale mentionne la décision du Tribunal civil de 1ère instance de Béthune, en date du 21 juin 1945, selon lequel Tribunal est "fils de Louis Joseph et et de Tissot Eugénie Elodie et époux de Polart Célestine Elisa Françoise".

Déclaré M P F le 16 octobre 1945.

"Souvenir des héros de Vadancourt … Legroux Henri" (plaque murale dans l'église de Vadencourt, cité 6/7) (sic pour l'orthographe des noms propres).

Le 2e accrochage se termine par 3 tués, Marcel Cavroy, Henri Legroux et le "Commandant Jean", auxquels il faut ajouter les 2 brûlés vifs, Roland Demeester et Charles Roche.


Source : Mr Caudron



Maksymenko Stéphane

Né en Pologne le 6 décembre 1917. Domicilié à Lens (Pas-de-Calais), Camp Pasteur, Société des Mines.

Décédé le 14 juin 1944 à 9 heures des suites de ses blessures à l’hôpital de Guise.

Présent dans Mémoire des Hommes sans informations supplémentaires.

Aucune information n'a été trouvée sur le parcours de Maksymenko pendant les accrochages de Vadencourt et son déplacement de Bohéries à l'hôpital de Guise. Dans son rapport du 15 juin 1944, le capitaine Couraux, commandant la section de Gendarmerie de Vervins rapporte :"à Guise -  1 blessé trouvé dans cette localité au cours de la matinée du 14 est mort à l'hôpital. Il semble d’origine russe." L'acte de décès, établi le jour même du décès par l'état-civil de Guise, situe le décès à "9 heures … rue Chantraine, n° 14" de "Stéphane Maksymenko", né le 6 décembre 1917, domicilié à la Société des Mines de Lens, camp Pasteur."

La version, selon laquelle il aurait été tué dans la cour de l'hôpital par les Allemands, est contredite par l'état-civil de Guise et les rapports de Gendarmerie. Affirmée dans le rapport de Jacques Ridez, elle a été reprise par les historiens jusqu'au moins en octobre 1984, mois au cours duquel le journaliste Deberles de la Voix du Nord effectue le périple des F T P et évoque les accrochages sans entrer dans les détails. Le décès de Maksymenko est désormais ignoré par les chroniqueurs. Il n'est pas inutile de rappeler ici que Durocher n'est amené à l'hôpital que vers 10 H 30, donc sans point commun avec Maksymenko.


Source : Mr Caudron


Pierre Jules Marie Joseph de Martimprey

Né le 29 juillet 1890 au Château d’Aisonville et Bernoville. Domiiclié à Aisonville et Bernoville.

Maire d’Aisonville et Bernoville depuis le décès de son père auquel il succède.

Fusillé par les Allemands le 14 juin 1944 vers 7 H 15 au château du Fay à Guise.

Inhumé dans le cimetière de Bernoville. Nom cité sur les monuments du Château de Fay et d’Aisonville et Bernoville avec une rue à son nom.

Absent de Mémoire des Hommes. Fils de Charles Marie Auguste de Martimprey et de Valentine Fanny Louise Hennet de Bernoville, marié à Jeanne Marie Josèphe de Bérenger. Incorporé au 9e Dragons le 2 octobre 1911, brigadier le 20 avril 1912, réserviste le 8 septembre 1913, arrivé à son corps le 1er août 1914, maréchal des logis le 27 mars 1915, sous-lieutenant à TT et passé au 15 R I le 28 février 1917, sous-lieutenant à titre définitif le 20 août 1917. Rappelé le 25 août 1939, réformé pour raison de santé le 5 décembre 1939, rayé des cadres le 23 avril 1940. Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre 1914-1918. Déclaré mort pour la France le 26 novembre 1946.

Le 13 juin 1944, il loge au château le commandement de la 5e Cie de FTP, dont Renée Bucquet qui prend un bain lors de l'épisode du sous-officier S S. Il persuade le boulanger de Seboncourt de fabriquer 300 pains que René Lemaire va chercher avec un tombereau. Après l'épisode du sous-officier allemand entre 19 et 20 heures, avec Emile Borgne, il décide d'attendre les Allemands. Le 14, vers 2h25, il est réveillé par des militaires allemands, dont un colosse de noir vêtu, s'habille "d'une gabardine gris-bleu, un veston beige, un gilet de même teinte, un pantalon de lainage bleu, une casquette beige avec pois rouges, … chaussé de brodequins, une musette en bandoulière (dans laquelle il met un dictionnaire allemand-français), une montre avec attache en cuir et des lunettes avec étui", ces deux derniers objets sont rendus par Evariste Nicolas après l'exhumation du 31 juillet 1944. Vers 7 heures du matin, le long du mur du château de Fay, sur la route de La Capelle, le jardinier Armand Allizard voit "deux hommes (Martimprey et Borgne) appuyés face au mur, les mains levées, gardés par des soldats en armes. … Quelques instants plus tard, 4 soldats et 1 officier SS sont venus les chercher pour les emmener dans la pâture située après le château. Ils sont conduits dans le fonds de la pâture en contrebas de la route. Les 4 soldats allemands se sont mis derrière eux et leur ont tiré une rafale de mitraillette dans la tête." Son corps reste sur place jusqu'en début d'après-midi et, après la fusillade des 4 civils, traîné par les pieds jusqu’à la fosse dans laquelle ceux-ci viennent de tomber. Bien qu'interdites par les Allemands, les obsèques publiques ont lieu le lendemain en l'église de Bernoville avec la présence de tous les habitants, au premier rang desquels se trouve le régisseur allemand de la ferme Woll dans laquelle le sous-officier allemand avait tenté de se réfugier.

Avec Borgne, il s'agit des 4e et 5e civils tués le 14 juin.


Source : Mr Caudron





Dubois Emile